Le soja, à toutes les sauces
Cas 1. Alessandro, 10 ans, est suivi pour un asthme et une rhinite allergique en région parisienne. Les signes respiratoires sont contrôlés sous fluticasone-salmétérol AD 50 µg 2-0-2. Il a une obstruction nasale avec éternuements chaque année en mars et avril, avec des tests cutanés ayant confirmé une allergie au pollen de bouleau. Il est conduit à l’infirmerie de l’aéroport où il se trouve en transit pour le week-end de Pâques en raison d’un prurit oropharyngé associé à une crise d’asthme au décours de l’ingestion d’un jus végétal de soja consommé 5 minutes avant. Il reçoit 6 bouffées de salbutamol en chambre d’inhalation. Les signes se résolvent progressivement en 1 heure. Le père rapporte la consommation occasionnelle et bien tolérée de sauce soja sur des brochettes japonaises. Le bilan allergologique retrouvera une positivité du test cutané soja en natif (tofu) à 5 mm, des IgE spécifiques F14 soja à 10,77 KuA/L, Gly m4 PR10 soja à 46,20 KuA/L, T215 PR10 bouleau > 100 KuA/L. Quelques semaines plus tard, il présentera également un syndrome oral pour divers aliments sous forme crue ou peu cuite tels que pomme, carotte et noisette. Diagnostic retenu : anaphylaxie au soja dans le cadre d’un syndrome d’allergie pollens-aliments (PR10).
Cas 2. Adèle, 7 ans, a comme antécédent une allergie à l’arachide révélée par un angiœdème du visage après ingestion de biscuits apéritifs Curly, sans suivi spécialisé. On retrouve un eczéma sévère en période nourrisson, et une atopie familiale au 1er degré (asthme chez le père). Elle consulte en allergologie en raison de la survenue d’une urticaire généralisée au cours d’un repas de midi à la cantine. Les parents ont apporté les intitulés du menu consommé : salade verte, boulettes de bœuf et purée de pommes de terre, yaourt au fruit. À première vue, il ne semble pas y avoir pour la famille d’aliment inhabituel ; le yaourt était au kiwi, pris régulièrement au domicile (sauf depuis l’épisode récent). L’accès au détail des allergènes à déclaration obligatoire permet d’identifier la présence de soja au sein des boulettes de bœuf. La famille rapporte la prise tolérée de yaourt de soja lors qu’elle était nourrisson mais pas de consommation depuis. Le bilan allergologique retrouvera une positivité du test cutané soja en natif (tofu) à 4 mm et kiwi en natif à 4 mm, des IgE spécifiques F14 soja à 8,4 KuA/L et F84 kiwi à 4,5 KuA/L. Un test de provocation par voie orale pour le kiwi permettra de s’assurer de sa bonne tolérance. Un test de provocation pour le soja entraînera des vomissements itératifs à 20 minutes des premières doses de tofu. Diagnostic retenu : allergie au soja chez une enfant ayant un allergie alimentaire connue pour l’arachide.
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